Dossier d’octobre : En vert et avec tous !

Épinay-sur-Seine est une ville verte. Forte de ses 33 hectares de parcs, dont l’exceptionnel jardin Vavilov, la ville est un laboratoire de sauvegarde de la biodiversité urbaine. Symbole de cet investissement pour le développement durable : la Réserve écologique. D’ici quelques mois, la Réserve sera dotée d’une Maison, un bâtiment écologique, lieu d’apprentissage de l’environnement ouvert à toutes et tous !

La réserve écologique : la nature y retrouve ses droits 

Ouverte en 2020, rue de Saint-Gratien, la Réserve écologique est une innovation de la Ville d’Épinay-sur-Seine. Aménagé sur une ancienne friche, ce lieu permet la sauvegarde d’espèces animales et végétales exceptionnelles.

Véritable poumon vert du Cygne d’Enghien, installé au 74 de la rue de Saint-Gratien, la Réserve écologique est un espace conçu pour que la faune et la flore s’y développent librement, avec une intervention humaine limitée. Sur les 1,5 hectare, seuls 600 m2 de jardins sont aménagés pour les jardiniers amateurs. Sur le reste, les milliers de végétaux recensés prospèrent, abritant des espèces remarquables, comme la demoiselle naïade aux yeux bleus (une cousine de la libellule), le papillon Robertle-Diable, ou des espèces protégées comme la sauterelle conocéphale joyeux ou le hérisson d’Europe. Car tout le site a été construit autour de la sauvegarde de la biodiversité. Impossible, par exemple, le plus souvent, de marcher dans les espaces végétalisés, en dehors de la prairie, pour ne pas gêner la croissance des végétaux et déranger les insectes : on emprunte des pontons surélevés ou des « chemins de chèvres » pour visiter la Réserve. Grâce à cela, l’immense roncier, par exemple, devenu impénétrable au fil du temps, abrite une faune et une flore variée. La Réserve écologique, ce n’est donc pas qu’un parc où il fait bon flâner (ouvert jusqu’à 18h en hiver, 20h au printemps et à l’automne et 22h l’été) : c’est aussi un lieu dédié à la sensibilisation des publics sur l’importance de la biodiversité en ville. De nombreuses visites et animations s’y tiennent toute l’année.

Mais il manquait à la Réserve écologique un lieu pour accueillir un véritable pôle d’apprentissage du vivant. La Maison de la Réserve écologique permettra de développer un large programme d’animations, de formations et de partenariats scientifiques. Le chantier doit démarrer d’ici le début de l’année prochaine.

Pourquoi préserver la biodiversité en ville ?

Tout simplement parce que, sans biodiversité, il n’y a pas de vie : elle permet à l’être humain de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se soigner, etc. De plus, elle apporte un bien-être certain : pour apaiser les espaces, pour les rafraîchir, pour créer du lien social, pour dépolluer l’air, pour gérer le ruissellement de l’eau de pluie. C’est pourquoi, depuis longtemps, la Ville d’Épinay- sur-Seine s’investit sur cette question.
Une biodiversité qui a aussi, inconsciemment, un impact positif pour vous, Spinassiens. Dans les modes de vie urbains de plus en plus denses et stressants, les espaces verts sont des havres de calme et de repos non négligeables. La biodiversité joue donc bien un rôle positif dans l’amélioration de la vie urbaine… Et c’est aussi pour cela que c’est un enjeu majeur des années à venir.

Une maison éco-construite pour la réserve écologique

Des ateliers, des conférences, des animations, des expositions… La Maison de la Réserve écologique sera un lieu d’apprentissage de l’environnement pour tous les Spinassiens. Ce bâtiment éco construit s’intégrera parfaitement dans le site naturel de la Réserve.

Pas de béton, une structure sur pilotis, une isolation en paille et des murs enduits avec de la terre à l’intérieur, de la tuile de châtaignier à l’extérieur, un système de récupération des eaux de pluie pour les sanitaires intérieurs… Pour être en symbiose avec l’environnement exceptionnel de la Réserve écologique, l’architecte de ce bâtiment ambitieux, Frédéric Denise, a décidé d’appliquer les principes bioclimatiques « low tech ». Le bâtiment sera, par exemple, chauffé l’hiver par une chaufferie bois et rafraîchi l’été grâce à un astucieux système de ventilation naturelle.
Autre parti pris : créer un bâtiment réversible, c’est-à-dire entièrement démontable sans abîmer la Réserve, construit à base de matériaux bio ou géo-sourcés. Le chantier va démarrer en 2023 et durer de 12 à 15 mois. Les habitants pourront y participer (lire ci-dessous).
Sur 510 m2, la future Maison de la Réserve abritera une salle d’exposition et de conférence, un centre de ressources, une salle de classe, et même une salle de jardinage dans une serre. Elle ambitionne d’accueillir 8 à 9 000 Spinassiens de tous âges chaque année pour des ateliers, des expositions, des rencontres débats avec les chercheurs… La Maison de la Réserve deviendra donc un lieu stratégique pour se former et s’informer sur les thématiques de l’environnement.

Le Saviez-vous ? 

UN MATÉRIAU BIO-SOURCÉ EST UN MATÉRIAU D’ORIGINE NATURELLE, ANIMALE OU VÉGÉTALE, COMME LA PAILLE OU LE BOIS. UN MATÉRIAU GÉO-SOURCÉ EST QUANT À LUI D’ORIGINE MINÉRALE : PIERRE, TERRE CRUE, ETC.

Un chantier participatif 

Pendant toute la durée du chantier, des ateliers seront organisés pour permettre au plus grand nombre de découvrir les techniques d’éco-construction. Les Spinassiens seront accueillis par petits groupes, les samedis matin et après-midi, sur inscription, pour 2 types d’ateliers :
• Des ateliers « 4 petits cochons » qui permettront de découvrir les techniques de construction en bois, terre, paille et réemploi.
• Des ateliers « chantiers participatifs » pour participer à la construction du bâtiment et apprendre ainsi à travailler le tavaillon de châtaignier (c’est-à-dire la tuile en bois), les semis, les briques de terre crue, l’enduit ou le tressage.

 


Parcs et jardins: comment sont ils gérés écologiquement ? 

L’engagement écologique de la Ville se poursuit jusque dans ses parcs et jardins. Plaine Commune, qui les entretient, applique les principes de la gestion différenciée, garante du maintien de la biodiversité.

De l’herbe parfaitement tondue, et à côté, des herbes folles que l’on a laissées grandir… Des pissenlits ou des pâquerettes qui ornent certaines pelouses au printemps… Un entretien différent en fonction de l’emplacement du parc… En matière de gestion des espaces verts, à Épinay-sur-Seine, rien n’est laissé au hasard. Les 26 agents du Service territorial des Espaces Verts de Plaine Commune (lire ci-dessous) travaillant dans les parcs spinassiens appliquent en effet le principe de la gestion différenciée et du zéro produit chimique.
Le principe de la gestion différenciée est simple : les jardiniers adaptent le mode d’entretien de chaque espace, pour une gestion plus naturelle, en prenant en compte sa fréquentation, ses usages, sa biodiversité. Ainsi, dans un même parc, certaines zones sont tondues moins fréquemment, pour laisser les plantes se développer et devenir de précieux réservoirs de biodiversité. Selon les espaces, les tontes s’échelonnent d’une fois par semaine à… une fois par an. Des tontes, effectuées avec des machines spéciales, qui grâce à leurs lames alternatives ne tuent ni les petits animaux, ni
les insectes (contrairement aux lames circulaires).

En parallèle, la Ville d’Épinay, sous l’impulsion du Maire, Hervé Chevreau, s’est lancée très tôt, dès 2009, dans la lutte contre les produits chimiques, pesticides, herbicides, fongicides, engrais chimiques… Des alternatives naturelles sont utilisées pour les plantes plus fragiles, comme les buis qui ornent le parterre devant l’Hôtel de Ville : une bactérie spécifique les protège contre la pyrale, une chenille qui tue les buis. Autre solution : la production, en interne par Plaine Commune, de compost. Tous les déchets de tontes et de désherbage sont ainsi réutilisés pour nourrir la terre. Ainsi, rien ne se perd et tout sert à la nature…

Plaine Commune gère tous les parcs, jardins et espaces publics de la Ville. La Direction de l’Environnement d’Épinay-sur-Seine s’occupe des espaces verts privés de la Ville, au niveau des bâtiments municipaux (comme les jardins des écoles, par exemple).

Mission : sauvez le hérisson 

Le hérisson d’Europe, on connaît son mignon petit minois et ses piques acérées. Ce petit mammifère tranquille est présent à Épinay-sur-Seine. Et ça tombe bien, le hérisson est le meilleur ami du jardinier : il mange les insectes, les limaces et les escargots, préservant les précieuses plantations. Mais sa population est menacée. Nous pouvons tous l’aider, par des actions simples :
• N’utilisez pas de produits chimiques dans votre jardin, notamment les granulés anti-limaces.
• Conservez un tas de branches et de feuillages qui lui permettra d’hiberner.
• Soyez attentif quand vous passez votre tondeuse.
• Veillez à maintenir un point de passage dans vos murs, palissages et autres grillages. Un petit passage de 15×15 cm suffit pour éviter à un hérisson d’être coincé dans un jardin et finir par mourir de faim.
Si on sait que la population de hérisson d’Europe est en danger, on ne dispose d’aucun chiffre concret qui permet d’évaluer l’état de la population en France. C’est pour cela que depuis 2020, la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) a entrepris une grande enquête de recensement des hérissons. Et pour cela, elle a besoin de vous : rejoignez la Mission Hérisson !

Rendez-vous sur le site missionherisson.org pour découvrir comment vous pouvez aider à ce recensement.

Plus verte ma cour d’école ! 

Le réchauffement climatique est une réalité. Chaque année apporte son lot de journées caniculaires. Et s’il y a des lieux qui rendent difficile à supporter ces fortes chaleurs, ce sont les cours de récréation « à l’ancienne » : plates, vides, bétonnées, elles absorbent la chaleur, la renvoient la nuit, accentuant le phénomène. Forte de ce constat, la Ville s’est lancée dans un ambitieux programme de création d’îlots de fraîcheur, dans les cours d’écoles. Ces parcelles végétalisées offrent ou offriront (le temps de la croissance des végétaux) des paysages verts et luxuriants aux enfants, et surtout de la fraîcheur et des zones d’ombre. Les écoles élémentaires Lacépède 1 et 2 (en 2019), George Martin et le groupe scolaire des Écondeaux (en 2020), l’école Romain Rolland (en 2021) et le groupe scolaire Jean Jaurès (cette année) accueillent déjà ces espaces verts d’un genre particulier. Mais, à terme, toutes les cours de récréation seront réaménagées. Et ça marche ! C’est une telle réussite que certaines villes voisines commencent à s’inspirer du projet spinassien.

Le jardin Vavilov en prend de la graine 

C’est un parc exceptionnel, à tout point de vue… Le Jardin Vavilov (hébergé dans le jardin d’Alcobendas) est un conservatoire de graines anciennes : la Ville d’Épinay-sur-Seine a passé une convention avec un collectif français qui soutient l’Institut Vavilov de Saint-Pétersbourg, la plus ancienne et la plus importante banque de graines potagères vivantes au monde. Le Jardin Vavilov regroupe 100 m2 de terrain pour planter, cultiver et récolter les graines de spécimens divers et variés, légumes et plantes rares et/ou oubliés. La moitié de ces graines (l’autre moitié est offerte aux Spinassiens) est ensuite envoyée en Russie pour être conservée dans une « grainothèque », une véritable « Arche de Noé végétale » qui permet de sauver des plantes menacées, de redonner accès à des variétés mieux adaptées aux divers climats et de faire avancer la recherche scientifique. Voilà pourquoi, d’ailleurs, les plantes du jardin Vavilov présentent parfois un aspect « non entretenu » : elles vont jusqu’au bout de leur croissance, jusqu’à faner, pour en extraire les graines. Ce qui justifie qu’il est strictement interdit de cueillir les légumes ou les fleurs du jardin Vavilov. Mais si vous souhaitez faire pousser chez vous certaines plantes, n’hésitez pas à participer aux différentes animations organisées régulièrement dans le jardin…

Jardin Vavilov, dans le jardin d’Alcobendas, face au 2 rue Quétigny. Ouvert de 8h à 20h l’hiver, 21h du 1er avril au 30 septembre.

Des rendez-vous sans réserve 

Chaque mois, la Réserve écologique accueille des animations gratuites, ouvertes à tous. Découverte des plantes, observations des oiseaux ou des insectes, lectures en lien avec la nature… Ces ateliers, gratuits, ont à chaque fois un thème différent.

Samedi 29 octobre, par exemple, ce sera l’occasion de découvrir comment bien composter, quand on a une maison avec un jardin (animé par Plaine Commune, rendez-vous à 10h). Le samedi 29 octobre toujours, partez aussi « À la découverte des pouvoirs étranges de la nature », avec Asparagus et Unal’Ω afin de vous familiariser avec les techniques de chasse des araignées et reconnaître les plantes aux pouvoirs étranges ou insoupçonnés. Rendez-vous à 14h30.
Le 26 novembre, vous pourrez découvrir les plantes rudérales (c’est-à-dire qui peuplent les friches), à 14h30, ou comprendre le lombricompostage, qui permet d’installer un composteur… dans son appartement (le 26 novembre toujours, à 10h).

› Renseignements et inscriptions au 01 49 71 89 79 ou au 01 49 71 32 88.

Réserve écologique, 74 rue de Saint-Gratien. Retrouvez le programme jusqu’à décembre 


3 questions à….

Eugénie Ponthier, Adjointe au Maire déléguée à l’écologie urbaine. 

Pourquoi avoir fait de la sauvegarde de la biodiversité une priorité du mandat municipal ?

Chacun doit faire sa part. Aujourd’hui, il y a une telle perte du vivant qu’il ne suffit plus de sauvegarder : il faut recréer de la biodiversité. Et préserver la biodiversité, c’est donner un avenir à l’Humain ! Nous nous y employons au quotidien. Par exemple, un plan de gestion ambitieux va permettre de recréer une grève, c’est-à-dire un terrain en gravier, sur les berges de Seine : c’est le milieu nécessaire à la reproduction de la sterne, un oiseau qui peuple les berges. La réouverture du ru d’Enghien participera au renforcement de la Trame Verte et Bleue et verra émerger tout le cortège floristique des milieux humides, insectes et petits mammifères. D’une manière globale, tout nouveau projet doit être passé à la loupe sur ses impacts sur la biodiversité et sur le climat.

Comment peut-on faire en sorte de sauvegarder la biodiversité dans une ville de près de 55 000 habitants ?

Chacun peut y participer. Déjà en acceptant la cohabitation avec des espèces que l’on néglige fortement depuis des décennies. Cette prise de conscience est indispensable ! Laissons les pissenlits au pied des murs : ils annoncent le printemps et leur floraison lumineuse est prolifique, pour le grand plaisir des insectes pollinisateurs. Tous ces pieds d’arbres avec des herbes folles, apprécions-les. Ce sont des réservoirs de biodiversité ! Ajoutez-y quelques graines de mauves sylvestres, de roses trémières, de coquelicots… et ajoutez votre touche au tableau offert par la Nature. Ce ne sont pas les hectares d’espaces verts qui font la biodiversité mais la richesse des milieux de vie.
Une pelouse tondue tout le temps ne sera pas riche, alors qu’une mare sera une bombe de biodiversité. Il faut créer les conditions propices à son développement, savoir rester en retrait, arrêter de bétonner et laisser la Nature faire. D’autres leviers sont possibles. Par exemple, quand les scolaires déjeunent bio et de saison à la cantine, la Ville préserve la biodiversité, même si c’est en dehors de son territoire.

› Et cette prise de conscience passe par l’éducation…

Exactement ! Et donc par ce lieu exceptionnel qu’est la Réserve écologique. La future Maison de la Réserve va nous permettre de multiplier les ateliers et d’en faire un centre névralgique, consacré aux questions environnementales et écologiques. Mais la Réserve c’est aussi un lieu de plaisir et de partage. Un lieu que les associations pourront s’approprier. Cette future Maison de la Réserve sera un véritable lieu de vie, pour l’environnement et pour les Spinassiennes et les Spinassiens.

Page mise à jour le 30 septembre 2022


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