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Dossier du mois de Juillet/Août : Un été aux Labos Éclair
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Ancien haut lieu de l’industrie cinématographique française, les Labos Éclair écrivent aujourd’hui une nouvelle histoire. Sur ce vaste site de plus de quatre hectares, où furent développées et tirées pendant plus d’un siècle les pellicules de nombreux films, une cinquantaine d’artistes, d’artisans et de créatifs occupent désormais les anciens bâtiments et y développent leurs projets au quotidien. Mais la transformation du lieu ne s’arrête pas là. Racheté par la Ville en 2018, le site est appelé à devenir un véritable tiers-lieu culturel ouvert aux Spinassiennes et aux Spinassiens, un espace vivant où se croiseront création artistique, patrimoine, nature, initiatives citoyennes et moments de partage. Tout en conservant leur vocation de résidence et d’atelier pour les artistes, les Labos Éclair ont l’ambition de s’ouvrir largement au public et de devenir un lieu de découverte, de rencontre et d’innovation.
À découvrir cet été aux Labos Éclair
Le programme d’un été aux Labos
À partir du vendredi 24 juillet et jusqu’au dimanche 30 août, les Labos Éclair vous ouvrent leurs portes de 12h à 22h tous les week-ends. Venez (re)découvrir ce site préservé pour un moment de détente, un apéro entre amis, un barbecue en famille ou pour profiter des animations gratuites ouvertes à tous.
Chaque vendredi, profi tez d’une ambiance musicale conviviale pour bien commencer le week-end.
Le samedi, place à des activités variées pour toute la famille : construction de cabanes, ateliers autour des illusions d’optique et bien d’autres surprises. À ne pas manquer : la soirée astronomie du 8 août, consacrée à l’observation des étoiles filantes.
Le dimanche sera placé sous le signe de l’activité physique et du bien-être avec des séances de yoga, zumba, Pilates, workout et bien d’autres disciplines. Des ateliers adaptés à tous les âges seront également proposés, comme le yoga parents-enfants.
Lieu emblématique de l’histoire du cinéma à Épinay-sur-Seine, les Labos Éclair inspireront aussi une programmation spéciale : séance de cinéma en plein air, atelier de fabrication de thaumatrope – l’un des premiers jouets optiques du cinéma – ainsi que des visites guidées du site et de son histoire.
Tout au long du week-end, du matériel sportif sera mis à disposition gratuitement : tennis de table, badminton, volley-ball, mölkky, pétanque, jeux d’échecs… Les plus jeunes pourront également profiter des bacs à sable, d’un manège et d’autres espaces de jeux.
Et, pour les gourmands, le brasseur d’Épinay et un stand de churros seront présents sur le site, ainsi qu’un salon de thé éphémère animé par l’association Au Coeur d’Épinay.
Des barbecues seront également mis à disposition. Il vous suffira d’apporter votre charbon de bois ainsi que les ingrédients que vous souhaitez faire griller.
Venez partager des moments de détente, de découverte et de convivialité en famille ou entre amis tout au long de l’été aux Labos Éclair !
> Du vendredi 24 juillet au dimanche 30 août. Entrée libre.
> Retrouvez l’intégralité des animations
« Nous voulons faire des Labos Éclair un lieu de culture, de rencontres et de vie »
À l’occasion du lancement de la programmation estivale, Annabel Rohmer, adjointe au maire déléguée au Rayonnement cinématographique et aux Laboratoires Éclair, revient sur les ambitions de ce projet qui conjugue mémoire du cinéma, création contemporaine et vie locale.
Annabel Rohmer, vous venez d’arriver dans la nouvelle équipe municipale en mars dernier en tant qu’Adjointe au maire, déléguée au Rayonnement cinématographique et aux Labos Éclair. La Ville assure désormais directement l’exploitation du site. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
En reprenant la gestion directe du site, nous affirmons notre volonté d’en faire un lieu ouvert à tous les Spinassiennes et Spinassiens : un espace de culture, de rencontres et de partage. Le site accueille déjà une cinquantaine d’artistes résidents ainsi que l’association L’Abominable. Notre objectif est maintenant de l’ouvrir progressivement au public, pour qu’il devienne un véritable lieu de vie.
Cette ouverture commence dès cet été…
Oui. Dès le 4 juillet, les habitants pourront découvrir les Labos à travers une programmation estivale conviviale et familiale : d’abord avec une grande fête foraine pendant 15 jours puis avec des ateliers artistiques, activités culturelles et sportives, tous les week-ends, dans un cadre verdoyant unique. À terme, nous voulons que les habitants s’approprient pleinement le site et qu’il devienne un rendez-vous incontournable de la vie locale
Comment préserver l’héritage historique du site tout en inventant son futur ?
Nous tenons à conserver l’identité cinématographique des lieux, qui fait leur singularité, tout en leur donnant une nouvelle vie. Les bâtiments racontent l’histoire du cinéma français, mais ce patrimoine n’a de sens que s’il continue à vivre. Nous voulons y accueillir des expositions, des événements et favoriser les échanges entre artistes et habitants.
Comment concilier création artistique, patrimoine et nature sur un même site ?
C’est toute la singularité des Labos Éclair : un ancien site industriel chargé d’histoire, niché au cœur de quatre hectares de nature. Ici, création artistique, patrimoine et vie au vert cohabitent au quotidien. On peut y travailler, s’y promener, participer à des ateliers ou simplement faire une pause. Cette diversité fait la richesse du lieu.
Que diriez-vous aux Spinassiens qui ne connaissent pas encore les Labos Éclair ?
Venez découvrir quatre hectares d’histoire, de nature et de création. Les Labos Éclair racontent une part essentielle de l’histoire d’Épinay-sur-Seine et représentent aussi son avenir. C’est un lieu à visiter, explorer et s’approprier.
Selon vous qui êtes réalisatrice, que représentent-ils pour le cinéma ?
C’est un lieu chargé d’émotion et d’histoire. Les bâtiments eux-mêmes sont comme des décors de cinéma et j’y ai d’ailleurs tourné l’un de mes derniers films. Mais ce qui me touche le plus, c’est qu’ils restent vivants et inspirent toujours de nouveaux projets. Il y a encore beaucoup d’histoires à écrire ici.
Un message pour les habitants ?
Emparez-vous du site. Les Labos Éclair sont un patrimoine exceptionnel, mais surtout une opportunité de construire ensemble un lieu culturel vivant et accessible, en co-construction avec les habitants, les artistes et les associations. L’aventure ne fait que commencer.
Créateurs en résidence
Aux Labos Éclair, ancien haut lieu de l’industrie cinématographique devenu espace de création, une cinquantaine d’artistes et de créatifs de tous horizons développent leurs projets au quotidien. Quatre résidents nous ouvrent les portes de leur univers, nous racontent ce que ce lieu unique apporte à leur travail et comment leurs idées prennent forme, les sons se façonnent, les fils se tissent et la mémoire du cinéma se transmet.
GILLES CHÉTANIAN, L’HOMME QUI VEUT FAIRE RECONNAITRE LE CINÉMA COMME PATRIMOINE IMMATÉRIEL
Si Indiana Jones est sans doute l’archéologue le plus célèbre du grand écran, Gilles Chétanian, 54 ans, pourrait bien être, lui, l’archéologue du cinéma. Depuis plus de vingt ans, cet infatigable passionné mène un combat aussi original qu’ambitieux : faire reconnaître le cinéma comme patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
À première vue, l’idée peut surprendre. Pourtant, de nombreuses pratiques culturelles bénéficient déjà de cette reconnaissance internationale : la gravure sur bois au Vietnam, la broderie traditionnelle en Turquie, la cuisine italienne ou encore les rituels du henné dans plusieurs pays arabes. Pourquoi pas le cinéma, cet art universel qui accompagne nos vies depuis plus d’un siècle ?
Visionnaire, Gilles Chétanian a été l’un des premiers à établir ce lien entre cinéma et patrimoine immatériel. Son travail commence aujourd’hui à porter ses fruits : un premier rapport, porté par L’Abominable et le Département de la Seine-Saint-Denis, doit être remis au ministère de la Culture en octobre prochain. Une étape décisive avant la constitution
d’une candidature internationale, probablement aux côtés d’autres pays européens.
Cette passion ne date pas d’hier. L’ethno-archéologie, la transmission des savoir-faire et le septième art ont toujours occupé une place centrale dans son parcours. Diplômé des Beaux-Arts de Grenoble, qualifié en muséologie et projectionniste pendant dix ans au mythique cinéma Brady, à Paris, longtemps propriété du réalisateur Jean-Pierre Mocky, il s’engage depuis des décennies pour préserver l’histoire du cinéma mais aussi défendre les différentes pratiques liées au Septième Art. Il est notamment membre actif de l’association Ciné-Mémoires Épinay et préside le Club des collectionneurs de cinéma, qui célébrera l’an prochain ses cinquante ans d’existence.
Depuis trois ans, c’est aux Labos Éclair qu’il a installé ses bureaux. Un choix qui n’a rien d’un hasard. Presque chaque jour, il enfourche son vélo depuis Pantin pour rejoindre ce lieu emblématique de l’histoire du cinéma français.
« C’était une évidence pour moi, explique-t-il. Je voulais m’imprégner de l’esprit de ces lieux mythiques et participer à leur transformation. De la même manière que Versailles a son château, Épinay a ses Labos, avec son histoire mais aussi son futur, et j’ai hâte de pouvoir faire découvrir cette histoire aux passionnés de cinéma mais aussi aux Spinassiens. »
Et les occasions ne manqueront pas. L’an prochain, Épinay-sur-Seine célébrera les 120 ans de présence de l’industrie cinématographique sur son territoire. Un anniversaire qui promet de mettre en lumière un patrimoine unique et ceux qui, comme Gilles Chétanian, oeuvrent chaque jour à le faire vivre.
> Site internet : patrimoinescinephiles.net
VINCENT MEURISSE OSE LE SON,
Ingénieur du son, producteur de musique et artiste sonore, Vincent Meurisse, 30 ans, n’était pas destiné à suivre cette voie. Après des études d’ingénieur à Grenoble, spécialisées en électronique et traitement du signal, il choisit pourtant de se réorienter pour se consacrer à sa passion : le son. « Je faisais de la radio associative, je m’intéressais beau-
coup à l’audio et je savais que j’avais envie de travailler dans un univers artistique », raconte-t-il.
Il intègre alors l’École nationale supérieure Louis-Lumière, référence française dans les métiers du cinéma, de l’image et du son, dont il sort diplômé en 2024. Un choix audacieux qui lui permet aujourd’hui de mener de front projets artistiques et innovations techniques. Car sa formation d’ingénieur lui est toujours précieuse. Vincent vient ainsi de décrocher une bourse de la Région Île-de-France pour développer un système d’enceintes modulable, utilisable aussi bien dans une salle de spectacle qu’en plein air. Son ambition : proposer une expérience sonore immersive et plonger le public au cœur du son lors de concerts ou de performances artistiques.
En parallèle, il travaille avec des compagnies de théâtre, des podcasteurs, compose de la musique et imagine des installations sonores, comme ce sera bientôt le cas à la Maison de la Radio.
Depuis trois ans, Vincent occupe un studio aux Labos Éclair. Derrière sa porte, il a aménagé un véritable cocon de création : des panneaux acoustiques colorés habillent les murs, tandis qu’un bureau entouré de six enceintes témoigne de son activité. « C’était exactement le lieu dont j’avais besoin, propice à la création », confie-t-il. J’apprécie aussi les échanges avec les autres résidents. »
Entre tournées, créations artistiques et expérimentations sonores, Vincent imagine déjà la suite. Dans dix ans, il se voit toujours explorer de nouveaux territoires entre théâtre, musique et projets internationaux, avec un rêve : créer un lieu dédié aux expériences sonores immersives pour partager sa passion avec le plus grand nombre.
> Site internet : kentriss.com
LES MONDES DE YANIS RATBI
Dans l’atelier de Yanis Ratbi, les murs sont couverts de photographies, de notes et d’esquisses. Sur le grand plan de travail, une imprimante 3D côtoie des maquettes et des créations en cours. Des créations dont certaines ont déjà été présentées en France comme à l’étranger, notamment à l’Institut du Monde Arabe, à la galerie Immix près du canal Saint-Martin, mais aussi en Belgique, en Grèce et au Palais Bahia de Marrakech. À seulement 30 ans, l’artiste franco-marocain, qui est né et a grandi à Épinay-sur-Seine, incarne une nouvelle génération de créateurs qui brouillent les frontières entre art, design et innovation citoyenne. Il faut dire que rien ne prédestinait Yanis à une carrière artistique. Après le lycée Feyder, il intègre une classe préparatoire HEC puis une école de commerce, il passe ensuite quatre années dans le conseil en innovation. Une expérience qui lui permet de collaborer avec des designers et nourrit progressivement sa propre pratique créative. En 2024, il saute le pas et rejoint l’ENSCI – Les Ateliers, une école reconnue internationalement pour l’excellence de son enseignement en design, où il obtient un master spécialisé.
Dans la foulée, il rejoint l’Institut de Recherche et d’Innovation (IRI), laboratoire de recherche rattaché au Centre Pompidou. Sa mission : imaginer de nouvelles façons de concevoir la ville avec ses habitants. À travers des dispositifs participatifs inspirés du jeu vidéo, il invite citoyens, associations et scolaires à réfléchir collectivement à l’avenir de leur territoire. À Épinay-sur-Seine comme à Clichy-sous-Bois, La Courneuve ou Saint-Ouen, ses projets mobilisent les outils numériques pour faire émerger des idées d’aménagement. « Nous apportons le savoir-faire technique, mais les habitants sont les experts locaux », résume-t-il.
Cette démarche collaborative trouve un prolongement naturel aux Labos Éclair, qu’il rejoint en parallèle pour développer ses recherches en design numérique et ses créations visuelles. « J’avais besoin d’un espace pour continuer à expérimenter », explique-t-il.
Très attaché à la ville où il a grandi et lui-même passionné d’images argentiques, Yanis voit dans les Labos Éclair bien plus qu’un simple atelier. Il souhaite y multiplier les échanges entre résidents, développer des projets participatifs et contribuer à faire vivre l’héritage cinématographique d’Épinay-sur-Seine.
> Instagram : syncretical
SANDRINE TRUC, CHEFFE DE FIL (DU TISSAGE CONTEMPORAIN)
Petite, Sandrine Truc passait chaque jour devant les Labos Éclair en allant à l’école Sainte-Thérèse, sans imaginer qu’elle y installerait un jour son atelier. Aujourd’hui, cette artiste textile de 48 ans y est résidente depuis janvier 2024.
Professeure des écoles pendant de nombreuses années, elle découvre le tissage en 2018, en cherchant une activité créative à proposer à ses élèves. Presque par hasard, elle tombe sous le charme de cette pratique : « J’ai tout de suite aimé son côté calme et méditatif », se souvient-elle. D’origine danoise, elle y retrouve aussi l’esprit du « hygge », cet art de vivre qui mêle confort, bien-être et atmosphère chaleureuse — des valeurs qu’elle transpose dans ses créations.
Ses oeuvres murales, en coton, laine ou tissus recyclés, naissent d’un détail du quotidien : une photo de paysage, une trace de rouille, un objet ancien. « Je joue avec les textures et les couleurs grâce aux différentes épaisseurs de fil », explique-t-elle.
Les commandes se multiplient rapidement. En 2019, elle crée sa micro-entreprise, puis quitte l’Éducation nationale en 2023 pour se consacrer entièrement à sa passion. Ses créations sont exposées dans toute l’Île-de-France et elle anime des ateliers pour partager son savoir-faire.
Aux Labos Éclair, elle apprécie la proximité avec d’autres artistes et un lieu qui lui permet enfin de s’affirmer : « Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire que j’étais artiste. » Entre expositions, ateliers et nouvelles créations, Sandrine continue de tisser sa propre histoire, fi l après fi l, dans un lieu où art et partage se rencontrent.
> Instagram : _untrucenplus_
Magazine municipal
Épinay en scène – n°274 – juillet/août 2026
Juillet 2026
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