Impliqués dans un projet de photojournalisme, les élèves d’une classe de seconde du lycée Jacques Feyder sont partis à la recherche des origines espagnoles des habitants d’Epinay :
« Tout commença le jour où notre professeur d’espagnol, Madame Vasquez, nous proposa d’écrire un journal. Le thème : « A la recherche des Espagnols d'Epinay ». Les articles et photos réalisés serviraient également à une exposition. Pas très emballés au départ à l’idée d’un projet trop scolaire, nous avons fait la rencontre quelques jours plus tard de deux journalistes Cédric (rédacteur) et Wilfrid (photographe) qui, en nous parlant de leurs métiers, ont réussi à nous mettre l’eau à la bouche. Il y avait toujours, certes, quelques ronchonneurs mais la majorité était prête à attaquer le boulot.
Le principe de notre enquête était simple : à l’occasion des 20 ans du jumelage entre Epinay et Alcobendas, nous devions trouver des personnes d’origine espagnole habitant la ville et voir dans quelles mesures elles avaient conservé leurs racines espagnoles. Chacun devait mener son enquête de son côté, c'est-à-dire comme un vrai petit reporter indépendant. Nous partîmes donc tous à la recherche d'espagnols, et ce fut assez dur. Tellement dur que certains d'entres nous lâchèrent prise en cours de route. Mais il restait un bon groupe, motivé pour aller jusqu’au bout malgré quelques coups durs : un restaurateur qui nous pose un lapin, une vieille dame qui nous raccroche au nez, une autre qui disparaît du jour au lendemain sans laisser de coordonnées…bref, c’était le métier qui rentrait !
Nous avons fini par rencontrer ceux que nous cherchions : plusieurs femmes âgées, des lycéens, des jeunes, des vieux, qui travaillent ou non…A notre grande surprise, nous nous sommes aperçus, en les interviewant, que la grande majorité d’entre eux se sentait aujourd'hui plus français qu'espagnols. Certes la culture espagnole était encore présente, mais aucun d’eux n’avait envie de partir s’installer là-bas. Pour eux, leur vie est à Epinay ! Et puis nous avons rencontré Catherine, une professeur de flamenco. Cette Française de 47 ans ne jure que par l’Espagne. Mariée à un Espagnol, elle en a aussi épousé la culture au point d’avoir fait naturaliser ses enfants, de les avoir inscrits dans une école espagnole et de consacrer sa vie à cette danse ! Et si finalement la plus espagnole des Spinassiennes était française ? » |