Les trois cimetières d’Epinay
 
« Cimetière : du latin coemeterium, lieu de repos où l’on regroupe les restes des morts. » (Le Petit Larousse.) Au Moyen Age, la mort se préparait pendant toute sa vie. Situé autour de l’église, le cimetière constituait un lieu de sociabilité. Visite guidée de cette part méconnue du patrimoine Spinassien.
D’après d’anciens documents, il semble certain que le premier cimetière d’Epinay se trouvait entre la rue Saint Marc et la rue Fauveau, prés de la Chapelle Saint Marc (aujourd’hui monument des mobiles) qui fut détruite peu avant la révolution française.
Un aveu d’Anne de Montmorency au roi, daté de 1582, précise d’ailleurs que le cimetière est bien « en ce lieu et clos de murailles ». Lors de la construction d’immeubles, au début des années 1900, des ossements humains assez nombreux y ont été mis à jour. Le maire de l’époque, Monsieur Quetigny, y voyait là un cimetière gallo romain. Mais l’étude des ossements a révélé que certains restes provenaient d’une date plus récente. Ces découvertes ont permis d’admettre, que selon la coutume, le premier cimetière du village avait sa place à l’ombre de la chapelle. Jusqu’en 1743 et pendant trois siècles, on ne trouve pas trace d’un autre cimetière. On continuait à porter les morts prés de la chapelle, malgré son état de ruine.

C’est à partir de 1734 qu’une nouvelle chapelle fut élevée au cœur du village.
Les habitants avaient en effet déserté le quartier de la Briche- Coquenard depuis plusieurs décennies. En effet, la proximité des étangs rendait cet endroit insalubre et nauséabond.

Le nouveau village s’installa donc dans le centre de la commune d’Epinay et le nouveau cimetière fut établi tout contre l’édifice dans un terrain assez réduit bordé par la rue du Mont, alors très étroite qui partait de la rue de Paris pour arriver en bord de Seine.

C’est en 1812 que Monsieur Julien alors Maire d’Epinay et président du conseil municipal fit don d’un terrain destiné au troisième cimetière, où il désirait qu’une place soit réservée à la sépulture de sa famille. Il s’engagea également à payer une partie du mur de clôture.

Une réforme menée par l’administration de Napoléon 1er transféra aux communes la politique sanitaire et la responsabilité des cimetières. Sous la monarchie, cette charge dépendait en effet des différentes confessions. Devant les conséquences dramatiques de cet état de fait, les légistes décidèrent que seul un service public disposait de la puissance suffisante pour assurer l’inhumation de tous.
Les cimetières, loin des fosses communes de jadis, devinrent donc des lieux sanitairement stables dans un espace policé, hygiénique et aéré. La laïcisation progressive de la société française explique l’éloignement de plus en plus marqué du cimetière de l’église. La préoccupation de la mort, prise en main par l’Etat, sort de la vie quotidienne.
> Pour l’association « Epinay Hier et Aujourd’hui » Roger Mansuy

> Epinay sur Seine par André Clipet

> Le Père Lachaise par Catherine Healey, Karen Bowie, Agnès Bos.
(Edition Paris et son patrimoine)