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| La saga Eclair |
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22 avril 1907 - Château Lacépède - Epinay sur Seine
Un jeune avocat Charles Jourjon achète la propriété du célèbre naturaliste Etienne de Lacépède dotée d'un parc somptueux, avenue d'Enghien (devenue depuis avenue de Lattre de Tassigny) pour y fonder l'Eclair. "Nous avons l'intention, écrit-il au maire, d'élever un théâtre vitré modèle (on ne disait pas encore studio). Notre usine qui ne fera ni bruit, ni fumée, ni odeur, n'occupera qu'un très petit nombre d'ouvriers. C'est une industrie de luxe et d'art. |
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| Septembre 1908 - Sortie de "Guet-apens", la première aventure de Nick Carter, détective américain. C'est parti ! En quelques années, grâce à l'audace artistique et industrielle de ses fondateurs, Eclair va rivaliser avec Pathé, Gaumont et les Américains. Séries comiques, adaptations de feuilletons populaires, documentaires scientifiques, journaux en images... les productions originales d'Eclair séduisent un large public. D'une folle imagination, boureau de travail, Victorin Jasset réalise la série des Nick Carter, met en scène Zigomar, donne pour la première fois la vedette à une femme dans un film d'aventures. C'est la malicieuse Protea, dont certains épisodes ont été retrouvés, restaurés et projetés à l'Espace Lumière le 30 novembre 1995. |
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| Après la première guerre mondiale, la stratégie de la firme se réorganise autour de trois axes : les studios, les laboratoires, les caméras Eclair. Les studios sont insonorisés par la société allemande Tobis en 1929 et on y tourne le premier film parlant, Le collier de la reine, de Gaston Ravel. Mais la même année, la Tobis s'installe elle-même à Epinay 10 rue du Mont, reprenant un ancien studio qui avait été créé en 1913 et le modernisant entièrement. La qualité des studios Tobis attire les meilleurs metteurs en scène : René Clair, Jacques Feyder, Renoir, Claude Autant-Lara... C'est la grande époque.
Lazare Meerson reconstitue, dans la cour des studios rue du Mont, un vieux quartier de la capitale pour "Les toits de Paris"; assisté par Alexandre Trauner, il met six mois pour construire les décors de La kermesse héroïque, avec un canal dans lequel les ouvriers plongent le soir venu ! Comment ne pas citer non plus "La Grande illusion", classé meilleur film de tous les temps par les critiques comme par le public. Pour la petite histoire la scripte de Jean Renoir s'appelait Françoise Giroud.
La Tobis quitte Epinay en 1938 et ses studios sont repris par Eclair. |
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Des années 50 à nos jours, Eclair poursuit sa politique de diversification : nouvelles caméras, doublage des films étrangers et surtout développement des activités de laboratoire qui sont devenus le cœur de l'activité du groupe. Jusqu'à présent, les dirigeants successifs ont à cœur de garder en vie les derniers studios cinématographiques français et de continuer à accueillir de prestigieux réalisateurs attachés au tournage en studio : Resnais, Deville, Blier, Sautet...
C'est comme ça que "La reine Margot" a été tournée deux fois à Epinay : Une fois par Jean Dreville en 1954, avec Jeanne Moreau ( il se servit du canal de "la Kermesse" héroïque pour construire la façade du Louvre avec son pont-levis), une seconde en 1994 avec Isabelle Adjani.
Les studios d'Epinay, un lieu magique aux grilles toujours ouvertes et pourtant infranchissables au commun des mortels, où sont passés toutes celles et tous ceux que nous idolâtrons ou rejetons avec la même passion enfantine. Ici Gabin a fait la gueule plus souvent qu'à son tour et Bardot a fait résonner sa voix étonnée, Alain Delon s'est foulé la cheville et Miou Miou a eu froid, le trop tendre Patrick Dewaere a tenté d'arrêter de fumer, tandis que Depardieu et Isabelle ressuscitaient l'amour de Rodin et de Camille. |
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